RAHUL
Doodsbang was ik, want ik was inmiddels illegaal en ik had geen idee van mijn rechten RAHUL

OUVREZ LES YEUX - Kim - ENFIN EN SÉCURITÉ

KIM-2-200-260px Kim - ENFIN EN SÉCURITÉ

Tout a commencé vers 15 ans. La fille réservée que j’étais s’est transformée en une adolescente rebelle et prétentieuse.

Toute ma colère était dirigée contre mes parents, et notamment contre mon père adoptif. Ma copine avait aussi des problèmes à la maison et nous nous sommes retrouvées toutes les deux à la rue. Un type que ma copine connaissait a proposé de nous héberger et c’est alors que ça a mal tourné. Je suis tombée aux mains d’un réseau clandestin. Le type m’avait choisie parce que j’avais quelque chose d’exotique qui était très recherché à l’époque. Parfois, on m’interdisait de rester dans la maison. Plus tard, j’ai appris que des trafiquants de drogue s’y donnaient rendez-vous.

Lorsque j’étais dans la rue, le type appelait des membres de son réseau pour me localiser. La première fois, ils m’ont coincée dans une ruelle et violemment agressée. Ils m’ont bien fait comprendre que je n’avais aucun moyen de leur échapper. Si je tentais de m’enfuir, ils s’en prendraient à ma famille. Je suis retournée dans la maison du type, auprès de lui, en état de choc. Mon cauchemar avait commencé. Le type m’a réconfortée. Jusqu’à la prochaine fois. À un certain moment, on m’a fait entrer de force dans une voiture et on m’a droguée. Lorsque j’ai repris connaissance, j’étais enchaînée à un lit. Cela s’est reproduit de plus en plus souvent. Pourtant, à chaque fois, je retournais auprès de lui. Parce qu’il s’occupait de moi avec tendresse.

Mes parents m’avaient appris à ne laisser personne me toucher. Je n’ai donc jamais rien fait de mon plein gré. Ça m’a coûté cher. Tombée dans le milieu de la prostitution illégale, j’ai été soumise aux pratiques les plus bizarres. Du vieux dégoûtant au mec en costume, ils m’ont tous fait subir les pires choses. Jusqu’au jour où la police a fait une descente. J’ai été emmenée au commissariat, où les policiers m’ont expliqué que j’avais été manipulée par un « loverboy ». J’ai vu son nom dans le fichier, mais je n’arrivais pas à y croire. Il n’avait jamais porté la main sur moi.

Comme ma vie partait complètement en vrille à l’époque, j’ai été placée dans un internat. Des membres du réseau m’ont retrouvée, m’ont menacée et ont essayé de m’emmener. Après l’internat, je me suis installée dans un logement indépendant et les problèmes ont recommencé. Lorsque j’ai subi un viol collectif chez moi, j’ai compris que la situation n’allait faire qu’empirer. J’ai demandé de l’aide à la police, mais les policiers ne pouvaient pas faire grand-chose d’autre que de me laisser passer la nuit dans une cellule. Je buvais de plus en plus et j’apprenais à survivre. C’est alors que ma mère m’a retrouvée et a essayé de me faire revenir à la maison. Ça a pris du temps mais, finalement, c’est ce qui m’a sauvée. Mieux entourée, je devenais moins intéressante pour le réseau.

Les années ont passé et, pour la première fois, je vis une relation avec un homme que je ne repousse plus. Pour m’endormir, j’ai besoin de laisser la lumière allumée et la porte entrouverte. Je ne me considère pas comme une trouillarde pour autant. Cela fait maintenant plusieurs années que j’utilise mon expérience pour mener mon propre projet, axé sur la prévention et sur le rétablissement des victimes. Même sorti de l’enfer de la traite, on a encore terriblement besoin de soutien.

Voici le message que j’aimerais faire passer aux victimes : n’oubliez jamais que c’est en parlant que vous pourrez trouver la sécurité. J’ai déjà touché le fond une fois et je ne veux plus que ça m’arrive. — KIM

OUVREZ LES YEUX
SUR LA TRAITE DES ÊTRES HUMAINS

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