KIM
Ik stond onder druk van bedreigingen en mijn gevoel van schaamte was groot KIM

OUVREZ LES YEUX - Linda - SES YEUX NOIRS

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Quand j’avais 20 ans, j’ai rencontré un garçon un peu plus âgé à une soirée. Il semblait avoir tout ce dont je pouvais rêver et il voulait me donner absolument tout ce dont j’avais envie. Je venais d’une famille aimante, j’étais bien dans mes baskets, j’avais un bon travail : le monde était à moi. On a passé une bonne soirée tous les deux, alors on s’est revu plusieurs fois par la suite. Il m’a présentée à ses parents, je l’ai présenté aux miens. Mais, un soir, il a pété les plombs. J’avais fait quelque chose de mal, selon lui, et il m’a frappée dans une discothèque. Ses yeux bleus étaient devenus noirs. Tout le monde nous a vus, mais personne n’est intervenu. Il n’y avait aucune issue. J’étais sous son contrôle.

Il jouait à un jeu avec moi. Parfois, il était de nouveau tout gentil, et j’avais tellement peur de lui que je n’osais pas partir et que je prétendais être malade pour ne pas aller travailler. J’étais dans une impasse.

Un jour, il m’a emmenée dans un quartier chaud rencontrer une femme qu’il connaissait. Ce jour-là, il m’a dit qu’il avait dépensé suffisamment d’argent pour moi. Désormais, je devrais travailler pour lui rendre cet argent. Je venais d’avoir 21 ans et, tout d’un coup, je me retrouvais à travailler dans un bordel pour gagner de l’argent pour lui. Je ne voyais aucune issue. Personne n’a pris conscience de ce qui m’arrivait et j’avais trop peur d’en parler à qui que ce soit. Et puis, je n’aurais pas su comment en parler.

Heureusement pour moi, un jour, un ami m’a aperçue à travers la vitre du bordel où je travaillais et il est allé le dire à ma famille. Bien sûr, au début, ils ne l’ont pas cru. Puis, ils se sont dit que, si c’était bien moi, je ne devais pas faire ça de mon plein gré. J’étais si surprise de voir ma sœur dehors que je me suis ruée sur les rideaux pour les fermer ; puis j’ai éclaté en sanglots. J’avais tellement honte. Pourtant, au même moment, j’ai vu une lueur d’espoir et j’ai imaginé un plan. J’ai réussi à téléphoner en secret à ma mère. Je lui ai dit où j’étais pour qu’elle demande à mes beaux-frères de venir me chercher. Ce qu’ils ont fait. C’est comme ça que je m’en suis sortie.

Lui, bien sûr, n’était pas prêt à me laisser partir. Mais il a compris qu’il n’avait pas le choix quand mon père et mes beaux-frères sont venus récupérer mes affaires. Je n’ai jamais porté plainte contre lui, car je n’avais aucune preuve.

Comme rien n’a été fait pour traiter mes traumatismes, je me suis retrouvée peu après dans une situation similaire. Par chance, cela n’a pas duré longtemps, car j’étais encore proche de ma famille.

Des années ont passé et, heureusement, aujourd’hui, on en sait beaucoup plus sur la maltraitance et l’exploitation. J’ai créé ma propre fondation pour venir en aide à d’autres victimes. Ma vie est remplie d’un véritable amour aujourd’hui, mais je continuerai à me battre. — LINDA

OUVREZ LES YEUX
SUR LA TRAITE DES ÊTRES HUMAINS

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